Les OGM

Depuis l’apparition des OGM dans les champs, les apiculteurs s’interrogent sur leurs effets sur les abeilles. En Europe, le seul OGM cultivé à grande échelle est à l’heure actuelle le maïs MON810, génétiquement modifié pour produire en permanence un insecticide de lutte contre la pyrale. Interdit en France depuis 2008, il est largement cultivé en Espagne (116 000 ha en 2012) et dans une moindre mesure au Portugal, en Roumanie, en Pologne et en République Tchèque.

L’innocuité de ce maïs sur les abeilles n’est pas établie. Plusieurs études montrent que s’il n’y a pas d’effet létal, le comportement de butinage des abeilles en est affecté.

CAMPA_4020 REDUIT (2)Plus généralement, l’utilisation des OGM est dans 99% des cas associées à l’usage d’un pesticide, et à un modèle d’agriculture non favorable au bien être de l’abeille. Dans le monde, plus de 60% des OGM sont génétiquement modifiés pour résister à un herbicide (c’est le cas du soja Roundup Ready, cultivé à très grande échelle en Amérique du Sud). L’apparition de ces plantes a facilité les pratiques culturales des agriculteurs en simplifiant l’épandage du glyphosate, participant ainsi au développement de zones de monocultures, qui réduisent la diversité des sources de nectar et de pollen pour les abeilles tout en contaminant l’environnement de manière durable.

Outre leurs effets sur les abeilles, c’est la profession d’apiculteur qui est menacée par la culture des OGM. En septembre dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a décidé que du miel contenant du pollen de maïs MON810 était interdit faute d’autorisation, et une fois autorisé, il devait être étiqueté. On entrevoit le préjudice économique que la filière aurait à subir si les produits de la ruche devait être étiquetés « contient des OGM » alors que les consommateurs achètent nos produits justement parce qu’ils sont naturels !

La France doit soutenir auprès des instances de l’Union Européenne :

– la suspension et le non-renouvellement de l’autorisation à la culture du maïs MON810 en cours d’examen ;

– le blocage de l’avancée de tout dossier de demande d’autorisation à la culture des plantes génétiquement modifiées polleniféres ou nectarifères ;

– l’évaluation rigoureuse de l’impact des plantes transgéniques sur les colonies, notamment les couvains et les abeilles hivernales, et de rendre publics tous les protocoles et l’ensemble des résultats bruts et analysés ;

– le respect du droit à la transparence pour les consommateurs.

La France doit mettre en place des règles de protection de l’apiculture contre les contaminations par les OGM.

crédits photos : Christel Bonnafoux